Aux marches du palais, la belle l’attendait.
Une heure avait sonné, le sort en fut jeté.
Crinière flamboyante, lèvres rouges ardentes,
Il lui fallait manger, séance tenante.
Une fois expédiées les affaires courantes,
La conversation glissa sur la mauvaise pente.
« Alors vous écrivez ? » dit-elle d’un air enjoué,
Et le poète de se noyer pour se justifier.
Les heures et les vieilles connaissances défilaient,
Bientôt ce fut à la Princesse de se raconter.
La belle vivait en un palais où les richesses abondaient,
Pourtant de ces joyaux d’aucuns ne pouvait jouir.
Funeste enchantement que cette vie terrestre,
Sans pouvoir partager du festin même un zeste.
La plus petite miette d’intimité,
Par dix écrans de fumée se trouve protégée.
La Princesse des Nez fit preuve de grande largesse.
Elle reçu le poète sans que rien ne presse,
Ne cédant à aucun de ses arguments,
Elle se garda bien du moindre sentiment.
Afin de soulager ses peines de cœur,
Elle lui offrit une glace à la compassion.
Puis, pour sceller définitivement son malheur,
Complit à ses côtés le grand tour de Lyon :
Un quart de la presqu’île et ses environs …
Demain, du chaînon manquant se mettra en quête,
Afin de réparer céans sa bicyclette.
Dans son sillage, priez qu’elle ne vous entraîne,
La Princesse des Nez ne peut pas dire je t’aime.